Des maisons se partagent l’électricité solaire en Vendée

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02 Juillet 2020 - Vingt-trois maisons se partagent à l’île d’Yeu l’électricité produite par cinq d’entre elles grâce à des panneaux photovoltaïques. Cette première communauté énergétique pourrait se développer dans l’Hexagone dans le parc ancien comme le logement neuf.

 

Si un tiers des Français souhaite devenir 100 % autonome énergétiquement, quelques habitants de l'île d’Yeu (Vendée) sont déjà passés à l’action ! Vingt-trois familles occupant des maisons individuelles dans le quartier de Ker Pissot font en effet partie de la première communauté énergétique de l’Hexagone, Harmon’Yeu. Le principe ? Il s’agit de lier plusieurs producteurs de courant à des utilisateurs. Porté par Engie, la mairie, l'association Elise et le Sydev, ce projet vient d’être inauguré ce matin.

Une électricité solaire partagée. Cette communauté énergétique regroupant des maisons est en effet une première en France, ce statut étant pour l’heure utilisé dans les immeubles par les bailleurs sociaux pour leurs locataires ! Pour mettre en place ce projet, cinq propriétaires de maisons ont été choisis pour accueillir sur leur toit des capteurs photovoltaïques qui produiront de l’électricité grâce au soleil, la toiture devant être bien exposée pour optimiser la production. Un onduleur servant à convertir le courant continu en courant alternatif et deux coffrets électriques ont été par ailleurs installés chez eux.

Un surplus stocké. L’électricité produite est consommée en priorité par chaque producteur, le solde étant utilisé par les dix-huit autres maisons. Dans le cas où toute la production n’a pas été absorbée, le surplus est stocké dans une batterie qui, chargée à 100 %, peut restituer l’équivalent d’une heure de production des soixante-quatre capteurs photovoltaïques installés. Le surplus d’énergie qui ne pourrait pas être stocké dans la batterie réchauffera l’eau de ballons afin d’être utilisée plus tard.

Une production pilotée par logiciel. C’est un logiciel qui assure ce pilotage très précis entre la production et la consommation toutes les cinq minutes avec comme objectif de privilégier l’autoconsommation. Avec un taux d’autoconsommation atteignant 96 % - 96 % de l’électricité produite est consommée, 4 % étant injectée dans le réseau -, la performance est au rendez-vous. Depuis deux mois, cette production a couvert 28 % des besoins en électricité de la communauté, le reste étant assuré par le réseau électrique.

Une information essentielle. Si le pilotage assuré par le logiciel a sa part dans ces bons résultats, les membres de la communauté doivent aussi jouer leur rôle. « Chacun dispose d’une interface grâce à laquelle il visualise son niveau de production et de consommation ainsi que ceux de la communauté énergétique. Ce qui lui permet d’adapter sa propre consommation », détaille Jean-Bertrand Hardy, directeur de la stratégie d’Engie.

Des consommateurs à sensibiliser. Il faut en effet savoir changer ses habitudes de vie car la production d’électricité est parfois décalée par rapport à ses besoins. « Comme on produit davantage en fin de journée, entre 15 h et 17 h, il faut faire fonctionner certains appareils électroménagers dans cette tranche horaire », explique Philippe Massié, conseillé en énergie à l’association Elise qui a accompagné ces habitants de l’île d’Yeu. « De même, il faut diminuer ses consommations le soir ou la nuit. Il vaut mieux comprendre pour mieux agir ! »

Une formule à généraliser. Cette expérimentation inédite s’achèvera dans deux ans. Les habitants auront alors le choix entre la poursuite de cette collaboration et son arrêt avec la possibilité pour les producteurs de racheter leurs panneaux. Pour Engie, ce projet est avant tout un test qui doit lui permettre de concevoir une formule pouvant se décliner dans l’ensemble de l’Hexagone.

Freins à supprimer. Mais il faudra lever quelques obstacles comme le rayon maximal d’un kilomètre imposé entre le producteur et le consommateur. Une extension à 20 km serait envisagée. Sans oublier la puissance de production, limitée pour le moment à 3 mégawatt/crêt qu’Engie souhaiterait voir passer à 5. « La France est très en retard en matière d’autoconsommation par rapport à d’autres pays européens », rappelle Hervé-Matthieu Ricour, directeur général Engie France. « 40.000 à 50.000 équipements d’autoconsommation y sont comptabilisés alors que la Belgique en compte 300.000 !  Il faut aller plus vite car le potentiel est prometteur ». Quand on sait que cinq à six mois ont été nécessaires pour obtenir l'autorisation d'installer des capteurs photovoltaïques sur les toits alors que quelques semaines suffisent en Belgique, les marges de progression sont importantes !

Le neuf intéressé. L’autocosommation pourrait se développer d’autant plus vite que les communautés énergétiques peuvent associer des acteurs très différents. On peut en effet regrouper des maisons avec des immeubles, des locaux professionnels. Tout est possible ! « Il n’y aucune limite à la composition d’une communauté », analyse Jean-Bertrand Hardy. « Il faut juste trouver l’optimum pour les investissements à consacrer et les temps de retour. » Si le logement ancien est pour l’heure adepte des communautés énergétiques, le neuf pourrait être aussi concerné. Un aménageur a en effet noué des contacts avec Engie pour des programmes de logements.   

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