Crédit : les courtiers gagnent du terrain en Europe

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08 Juillet 2019 - La part de marché du courtage en France augmente d'années en années. Elle représente environ un tiers des crédits immobiliers. Elle progresse partout en Europe, notamment dans les pays où le secteur est le mieux organisé, comme en France.

L'Association professionnelle des intermédiaires en crédit et Arcturus Group, cabinet de conseil en stratégie institutionnelle et développement de marché, se sont intéressés à l'activité de courtage en Europe. Premier enseignement : c'est un secteur qui s'organise et progresse lorsque la réglementation européenne est transposée depuis déjà un certain temps. Comme c'est le cas en France où la part de marché du courtage atteint environ 35 % des crédits immobiliers.

La réglementation dope le courtage. L'Association professionnelle des intermédiaires en crédit qui regroupe de nombreux courtiers a constaté que les taux d’intermédiation les plus élevés (plus de 50 %) sont observés là où la réglementation a été mise en place depuis longtemps et où le secteur des courtiers est le mieux organisé. C’est le cas au Royaume-Uni (70 à 80 % de crédits intermédiés), en Irlande (55 %) et aux Pays-Bas (55-60 %). Inversement, dans des pays comme la Belgique ou le Portugal, dans lesquels la réglementation n’a été impulsée que tardivement, la part de marché des courtiers ne dépasse pas les 15 %. « Il existe une forte corrélation entre l’organisation et la réglementation de la profession d’intermédiaires et le taux de pénétration du marché : plus le secteur est réglementé, plus les parts de marché des courtiers sont importantes, car les consommateurs comme les banques ont davantage confiance dans les intermédiaires, ce qui leur permet d’accroître leur pénétration du marché », analyse Philippe Taboret, président de l’Apic.

La réglementation européenne s'installe. L'activité de courtage est réglementée au niveau européen avec la transposition de la Directive MCD adoptée le 10 décembre 2013 par le Parlement européen. « Au même titre que les établissements de crédits, les intermédiaires ont ainsi le devoir de converger vers des standards permettant une meilleure compréhension de la part des consommateurs, de fournir des informations standardisées sur les principales caractéristiques des crédits immobiliers distribués et les risques qui y sont associés, de s’enregistrer auprès des autorités nationales compétentes et, d’une manière générale, de s’engager dans une démarche de rationalisation du marché du crédit immobilier afin de prévenir toute nouvelle crise », analyse Philippe Taboret.

Le secteur s'organise à l'échelle du continent. Cette réglementation a eu un impact fort dans les pays dans lesquels la pratique du courtage était la moins encadrée, notamment au Portugal, en Belgique, en Espagne ou l'a réorganisée comme en Italie et en Allemagne. « Dans tous les cas, la transposition de cette directive a été une opportunité de renforcer les législations existantes et a eu des conséquences positives pour le secteur de l’intermédiation, dont les parts de marché progressent à un rythme soutenu dans tous ces Etats », conclut Alain Jung, directeur exécutif du cabinet Arcturus Group.