Crédit immobilier : fin de la baisse des taux en 2018 ?

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05 Décembre 2017 - Les taux immobiliers ont légèrement progressé en 2017. Mais ils restent très attractifs et les marchés du neuf et de l’ancien battront des records de vente cette année. Si le crédit pourrait être un peu plus cher en 2018, les acquéreurs continueront à profiter de bonnes conditions pour financer leur projet logement.

La fin de l'année approche. C’est l’heure des comptes pour les taux immobiliers. Et ils sont plutôt bons. Après avoir dégringolé au niveau historiquement bas de 1,31% (taux brut hors assurances) en novembre 2016, la moyenne toutes durées confondues est remontée à 1,57% en août 2017 selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA. Depuis, la tendance est à la baisse modérée : 1,56% en septembre, 1,55% en octobre, 1,54% en novembre 2017. Rien à voir avec les 2,38% de 2014 ou les 3,08% de 2013 !  

Quelles conséquences pour l’immobilier ? Les timides hausses de taux du début 2017 n’ont pas eu d’impact sur le marché. Dans l’ancien, 910.000 transactions devraient être observées cette année selon le Crédit foncier, le meilleur score depuis dix ans. Le neuf pourrait enregistrer 130.000 ventes au détail, battant là encore le record de la décennie. Chez les constructeurs, 140.000 maisons seraient vendues. Un très bon niveau, même s’il reste en deçà de l’exceptionnel cru 2010 (161.000 ventes).

Où en sont les taux en décembre 2017 ? D’après le courtier Vousfinancer, une dizaine de banques ont baissé leurs barèmes de 0,05 à 0,10% selon les durées, les autres s’inscrivant dans la stabilité. Le taux brut moyen sur vingt ans s’établit à 1,70% depuis près de quinze jours. Il était à 1,75% à fin octobre et à 1,80% mi-septembre selon le courtier Empruntis. Mieux : les particuliers qui présentent de bons profils (comptes bancaires bien tenus, minimum d’apport, bons revenus) sont très recherchés par les banques. Elles leur accordent de belles décotes et les plus chanceux décrochent des taux à 1,30% brut sur vingt ans. Certains établissements prêteurs n’ont plus de barèmes et fixent leurs taux au cas par cas.

© Empruntis.com

Crédit : quelles prévisions pour 2018 ? Avec la reprise de l’inflation (1,2% en rythme annuel en novembre 2017 vs 0,5% il y a un an), les tarifs du crédit immobilier pourraient remonter l’an prochain. Mais la politique de la Banque centrale européenne (BCE) restera très accommodante avec un taux directeur qui demeurera à zéro pendant encore des mois. Du coup, les banques, qui ont annoncé d’ambitieux objectifs pour 2018, vont avoir les moyens de se livrer à une concurrence acharnée. Elles chercheront à séduire de nouveaux clients à grands renforts de rabais sur leurs taux. Sur les premiers mois de l’an prochain, rien ne devrait bouger. Si remontée il y a, elle sera modérée. Le courtier Cafpi table sur un vingt ans brut moyen à 2% d’ici la fin de 2018.

L’impact de la hausse des prix. Si les taux resteront attractifs en 2018, les acquéreurs devront néanmoins composer avec un immobilier plus cher. Le mètre carré ancien progresse de 3,9% sur un an d’après l’indice Notaires-Insee du 30 novembre dernier. En 2018, l’ancien augmenterait de 1% pour Empruntis mais de 3% pour le Groupe Edmond de Rothschild. Et puis les modifications de certaines aides (PTZ, Pinel) pénaliseront le neuf. Pour 2018, le Crédit foncier table sur 1.099.000 transactions tous secteurs confondus. Moins bien qu’en 2017 (1.175.000). Mais bien mieux qu’en 2014 (877.000).

© Insee

Crédit : comment décrocher un bon taux ?

  • Informez-vous bien sur tous les aspects du crédit immobilier. Vous arriverez bien préparé et vous montrerez à la banque que vous êtes sérieux. N’oubliez pas : les établissements prêteurs cherchent avant tout à limiter les risques d’impayés !
  • Présentez-vous avec une situation financière saine. La priorité : pas de découvert, d’incident de paiement ou d’avis à tiers détenteur. Souvenez-vous : les banques préfèrent les fourmis aux cigales.
  • Respectez les critères des banques. Votre capacité d’endettement est limitée au tiers de vos revenus nets des autres charges (règle des 33%). Votre reste à vivre et votre saut de charges doivent rester raisonnables.
  • Pensez à la délégation d'assurance. Si vous faites appel à un autre assureur que celui de la banque prêteuse, à garanties équivalentes, vous avez de fortes chances de réaliser des milliers d’euros d’économies.
  • Faites jouer la concurrence pour choisir la meilleure offre. Vous pouvez vous en charger vous-même ou recourir à un courtier, un intermédiaire dont le métier est justement de vous faire obtenir de bonnes conditions de financement.