Copropriété : des charges toujours plus élevées

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06 Juin 2019 - Les charges de copropriété ont progressé de 3,1 % en 2018. Une inflation alimentée par une hausse des déclarations des sinistres, des honoraires du syndic et des dépenses de chauffage.

 

Etre copropriétaire coûte toujours plus cher ! Selon l’Observatoire de MeilleureCopro qui a passé au crible un échantillon de 208 000 copropriétés soit 26 % du parc des copropriétés, les charges ont augmenté en moyenne de 3,1 % en 2018 par rapport à 2017. Ce chiffre cache cependant des écarts importants puisque Paris enregistre la hausse la plus faible (0,3 %) quand Montpellier décroche le record avec + 5,7 %.

Plus de sinistres déclarés. Cette hausse des charges s’explique par différents facteurs notamment les assurances. Le nombre de dégâts des eaux en hausse de 24 % traduit non pas une augmentation de la sinistralité comme on pourrait s’y attendre mais des déclarations aux assureurs. « Sous la pression des copropriétaires, le syndic ne déclarait pas les sinistres pour éviter une hausse de la prime l’année suivante », observe Edouard-Jean Clouet, président de MeilleureCopro qui aide les conseils syndicaux et les syndics à diminuer les charges de copropriété. Mais devant le montant des dépenses générées par les travaux, les copropriétaires ont fait machine arrière incitant le syndic à déclarer de nouveau les sinistres pour avoir une prise en charge de l’assureur.

Les honoraires de syndic augmentent. Selon le courtier spécialisé en syndic Syneval, la rémunération des professionnels a bondi de 7,6 % en Ile-de-France hors Paris, 10,2 % dans la capitale et de 20 % à Lyon. Cette hausse significative concerne surtout les petites copropriétés. Les syndics ont en effet tendance à augmenter leur rémunération car ce type de copropriétés nécessite beaucoup d’heures de travail pour un nombre de lots réduit. « Ces petites copropriétés ont d’ailleurs des difficultés à trouver un syndic qui veuille bien assurer leur gestion », analyse le responsable.

Toujours plus chaud. L’hiver qui a été rude dans certaines régions comme le sud-est de la France s’est traduit par une hausse des besoins de chauffage comprises entre 5,6 % pour Montpellier à 6,5 % pour Marseille. La facture a été d’autant plus forte que le prix du gaz a subi une inflation de 14 % et les taxes s’envolaient quant à elles de 44 %. L’Ile-de-France a bénéficié quant à elle de températures plus clémentes diminuant ainsi le besoin de chauffage des copropriétaires. Le poste chauffage devrait continuer à augmenter cette année car une hausse de 22 % de la taxe sur la consommation de gaz naturel est envisagée.

© MeilleureCopro

Copropriétaire à Paris : des charges au sommet
Si les prix de l’immobilier parisien demeurent les plus élevés de France, c’est aussi vrai pour les charges de copropriété ! Ces dernières atteignant en moyenne 40 € le mètre carré contre 24 € en province soit un écart de 66 %, selon MeilleureCopro. Le copropriétaire d’un 60 m², situé à Paris, paiera des charges annuelles de 2.426 € contre 1.313 € pour un acquéreur nantais, soit un différentiel de 84 %.
Plus d’ascenseurs et de gardiens à Paris. Cette différence conséquente s’explique par un taux d’équipement des immeubles parisiens supérieur à celui des copropriétés en région. Le chauffage collectif, la présence d’un gardien et les ascenseurs y sont plus répandus occasionnant des charges plus élevées. Ces services facilitant le quotidien des copropriétaires et valorisant les biens se payent !
Des dépenses mieux maîtrisées. Si les charges de copropriété sont beaucoup plus élevées à Paris, elles progressent généralement moins vite que celles de résidences situées en région. La concurrence entre les prestataires est en effet plus vive dans la capitale. « Lorsque nous faisons des appels d’offre à Paris, nous avons une dizaine de sociétés qui répondent », se remémore Edouard-Jean Clouet, président de MeilleureCopro. « Ce qui n’est pas le cas en province. La relation de proximité entre le syndic et les prestataires est aussi plus forte dans les régions, ce qui explique qu’il y ait peu de rotation parmi les prestataires. » Un contexte qui ne favorise par la baisse des prix des prestations proposées et facturées aux copropriétaires. 

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