Chauffage bois : menace de pénurie pour les granulés ?

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Journaliste chez PAP.fr

Il est de plus en plus difficile d’acheter des granulés pour son poêle ou sa chaudière. Des difficultés qui s’expliquent par des particuliers ayant acheté plus que d’habitude.

Les particuliers ont commandé plus de granulés pour le chauffage que d'habitude générant des ruptures de stocks chez les distributeurs. © Gerard Cottet

Rupture de stocks, prix multipliés par deux… Les granulés de bois sont dans la tourmente depuis quelques mois. Une mauvaise nouvelle pour les particuliers qui se chauffent avec leur poêle ou leur chaudière utilisant ce combustible, issu de la sciure de bois.

Les particuliers surstockent. Si le marché des granulés est sous tension, certains particuliers ont leur part de responsabilité, car ils ont anticipé leurs commandes selon les professionnels. « De nombreux consommateurs ont voulu acheter leur consommation annuelle entre mars et mai alors que le gros des volumes est livré habituellement entre juin et octobre », constate Eric Vial, directeur général de Propellet, association regroupant producteurs et distributeurs de granulés. Et les distributeurs ont eu d’autant plus de mal à satisfaire cette demande que les quantités étaient bien supérieures aux commandes habituelles. Plusieurs distributeurs observent ainsi que certains clients achetaient 2 t de granulés au lieu de 1,5 t. Conséquence, certains distributeurs sont actuellement en rupture de stock !

Prix du granulé multiplié par deux. Outre la hausse de la demande, les prix suivent eux aussi la même tendance. Les pellets ont ainsi vu leur valeur s’envoler. Comptez désormais 600 à 800 € la tonne de granulés (72 sacs de 15 kg) contre 400 € en juin ! Pourquoi une telle hausse ? Les fabricants avancent une explosion de leur coût, comme celui de l’électricité multiplié par 15, utilisée pour le fonctionnement des presses, le carburant servant aux camions livrant les distributeurs et le domicile des particuliers. Et le coût de la matière première a été aussi multiplié par deux.

Une production en hausse. Confronté à cette demande vertigineuse, le marché des granulés risque-t-il de connaître la pénurie cet automne ? Difficile de répondre à cette question. Les fabricants rappellent avoir augmenté leurs capacités de production, passant de 1,8 million de tonnes en 2021 à 2,15 millions de tonnes en 2022 avec l’ouverture de sites industriels. La production nationale couvre environ 85 % de la demande, le reste étant assuré par les importations. Mais ces dernières font l’objet d’une lutte acharnée, car certains pays importent beaucoup plus de granulés que la France, d’où une surenchère des prix et une baisse des importations destinées à la France. 

Baisser la température du chauffage. Pour éviter la pénurie, la balle est aussi dans le camp des consommateurs selon Eric Vial. Le patron de Propellet exhorte les particuliers à acheter uniquement ce dont ils ont besoin et non pas à surstocker. « Nous espérons que la demande se calmera cet hiver », explique Eric Vial qui appelle également les utilisateurs de chauffage bois à la sobriété. « Il faut revenir à une température de consigne de 20 °C, voire 19 °C pour le chauffage. Les particuliers qui ont remplacé leur chaudière fioul ou leur chauffage électrique en profitent pour augmenter leur température de 2 à 3, voire 4 °C, car le granulé n’est pas un combustible cher. »

Des économies à la clé. A l’heure où la préservation du pouvoir d’achat s’impose comme une priorité pour de nombreux ménages, Eric Vial rappelle qu’une diminution de la température de deux degrés permet de réaliser une économie de 14 % sur sa facture ! La réduction des besoins des Français devrait cependant s’imposer rapidement dans les prochaines semaines. Dans le cadre de son plan de sobriété énergétique, l’Etat a en effet demandé aux acteurs du logement de lui transmettre en septembre des recommandations pour diminuer de 10 % la consommation énergétique d’ici à deux ans. La baisse de la température de consigne du chauffage à 19 °C, que personne ne respecte, fait partie des mesures qui pourraient être retenues par Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique.   


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