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Installer un récupérateur d'eau de pluie
Si vous ne souhaitez pas vous lancer dans de gros travaux, l'installation d'un réservoir de cinquante à deux cents litres sous une gouttière est suffisante. Vous lui associerez une pompe de surface équipée d'un tuyau d'arrosage. Si vous souhaitez aller plus loin, vous pouvez vous offrir un " vrai " récupérateur. En maison individuelleCe type d'habitat est bien adapté aux récupérateurs. Principe : les eaux de pluie sont drainées du toit vers les gouttières. Elles sont ensuite recueillies et stockées dans une cuve pour y être pompées et filtrées pour alimenter les différents postes d'eau autres qu'alimentaires et corporels. La cuve doit être installée le plus près possible de la maison et enterrée à l'écart de toute charge fixe ou de passage de véhicule. Elle doit rester accessible et disposer d'une trappe de visite. Vérifiez les caractéristiques du sol sur environ trois mètres de profondeur. La nappe phréatique doit être suffisamment profonde pour qu'en cas de remontée, elle ne rentre pas en contact avec la cuve. Afin d'optimiser l'installation, un bureau d'étude doit calibrer le volume du stockage, les dimensions, le débit et la pression de l'eau distribuée. L'installation doit être conforme à la norme européenne EN 1717 sur la séparation des réseaux. Le recours à un professionnel est vivement recommandé. Si la maison est raccordée au toutà- l'égout, vous devez demander à la mairie l'autorisation de rejeter vos eaux de pluie récupérées dans le réseau d'assainissement public. En immeuble collectifC'est un chantier de grande ampleur. Une étude poussée doit être réalisée par un homme de l'art. De grandes cuves doivent être installées. Elles pourront être placées en toiture, en sous- sol ou dans des citernes. Ces deux derniers équipements nécessitent des pompes. Des filtres doivent également être posés. Toute l'installation doit être étanche et la maintenance doit être soignée. Enfin, une séparation claire des réseaux d'eau de pluie et d'eau de ville est en général exigée. Côté formalités, une autorisation préalable de la Ddass est nécessaire pour un usage corporel de l'eau (douche, bain, etc.). En copropriété, la décision d'installer un récupérateur doit être prise à la majorité des membres du syndicat représentant au moins les deux tiers des voix des copropriétaires présents ou représentés (majorité de l'article 26 de la loi du 10 juillet 1965). Rentable ?En moyenne, une maison d'une centaine de mètres carrés au sol récupère 50 000 à 70 000 l par an. À 3 € le mètre cube, l'économie annuelle varie de 150 à 210 €. Une installation complète et conforme de récupération pour un usage extérieur (citerne de trois ou quatre mètres cubes, pompe, système de traitement, pose) vaut dans les 4 000 €. Si vous choisissez de faire entrer l'eau de pluie dans la maison (alimentation des toilettes, du lave-linge, du lave-vaisselle, etc.), comptez dans les 8 000 €, voire davantage (système de plus grande dimension, filtrage et traitement pour éviter les risques sanitaires, réseaux séparés, etc.). Conclusion : récupérer les eaux de pluie relève davantage du geste citoyen que de la rentabilité financière immédiate. Ce qui ne freine pas les Français. Le marché est en pleine croissance selon les professionnels de la récupération des eaux de pluie.
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P. Chevillard © pap.fr
- 23 janv. 2010
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