De Particulier à Particulier
English version
Partager cet article sur facebook Imprimer l'article Transmettre à un ami

Quand vos travaux modifient les parties communes

Un copropriétaire peut effectuer des travaux chez lui sans autorisation de l'assemblée, sauf si à cette occasion il touche aux parties communes ou que cela affecte l'aspect extérieur de l'immeuble. Dans ce cas, il doit préalablement obtenir l'autorisation de l'assemblée générale.

Ces travaux sont par exemple : agrandir une fenêtre, percer un plancher pour passer une canalisation ou casser un mur porteur entre deux appartements contigus, peindre les fenêtres ou les portes palières, ou encore installer des volets... Pour avoir les meilleures chances de succès, mieux vaut bien préparer son dossier !

Un projet bien ficelé

Si vous souhaitez réaliser des travaux, vous avez intérêt à prévoir dans le détail les aménagements envisagés : à savoir si, techniquement, il est possible de les réaliser. Préparez un projet avec des plans, des explications, et si nécessaire l'avis de professionnels du bâtiment, en particulier celui de l'architecte de la copropriété, censé connaître parfaitement votre immeuble.

Attention : l'assemblée peut subordonner son autorisation à la souscription d'une assurance spéciale dommages-ouvrage pour les gros travaux affectant la structure de l'immeuble, ou imposer le suivi des travaux par un architecte ou un technicien mandaté par le syndic.

Obtenir l'autorisation de l'assemblée

Pour que la décision puisse valablement être prise, il faut qu'elle soit inscrite à l'ordre du jour de l'assemblée.

Une fois achevé, vous devez donc transmettre votre projet de travaux avec toutes les pièces du dossier au syndic plus de trois semaines avant la tenue de l'assemblée pour qu'il ait le temps de l'insérer dans l'ordre du jour.

Important : le projet de résolution est à accompagner de toutes les pièces annexes, comme un plan, l'avis éventuel de techniciens. Une fois complet, votre projet est à adresser au syndic par lettre recommandée avec AR.

L'autorisation doit être accordée à la majorité des voix de tous les copropriétaires (celle de l'article 25 de la loi).

Si cette majorité n'est pas obtenue mais que le projet a recueilli au moins le tiers des voix de tous les copropriétaires, un second vote peut avoir lieu immédiatement à la majorité simple des seuls copropriétaires présents ou représentés (article 24 de la loi).

En revanche, si le projet n'a pas obtenu au moins le tiers des voix de tous les copropriétaires, une nouvelle assemblée générale peut à nouveau voter ce projet à la majorité simple des copropriétaires (celle de l'article 24), à condition d'être réunie dans un délai maximal de trois mois.

Bon à savoir : lorsque les travaux sont autorisés par l'assemblée, les copropriétaires ne peuvent empêcher leur exécution. Seuls les copropriétaires qui ont voté contre ou qui étaient absents (opposants ou défaillants) à l'assemblée disposent d'un délai de deux mois à compter de la notification du procès-verbal pour contester la régularité de l'autorisation en saisissant le tribunal de grande instance du lieu de situation de l'immeuble (article 42 de la loi).

Certains travaux nécessitent, en plus de l'autorisation de l'assemblée, une autorisation administrative : permis de construire, déclaration préalable. Mais attention, l'autorité administrative concernée exige souvent que le propriétaire fournisse l'autorisation de l'assemblée avant de donner son accord.

Et si l'assemblée refuse... que faire ?

Si l'assemblée refuse à un copropriétaire d'effectuer des travaux d'amélioration touchant aux parties communes, il peut en demander l'autorisation au juge (article 30, alinéa 4 de la loi).

Pour cela, il doit saisir le tribunal de grande instance dans un délai de deux mois à compter de la notification du procès-verbal de l'assemblée, sinon sa demande serait irrecevable.

Important : si le copropriétaire exécute les travaux alors qu'il n'a pas obtenu l'accord de l'assemblée, il peut se voir contraint à remettre les lieux dans leur état d'origine !

© pap.fr - 3 oct. 2009

En savoir plus

  • Acheter une partie commune. Acheter un palier ou un bout de couloir, l'appartement voisin ou aménager des combles : voilà un moyen très efficace de gagner de la place. Pour...
  • Les travaux de copropriété. Les travaux à effectuer sur les parties communes sont engagés par le syndic. Selon l'importance de ces travaux, ils peuvent tantôt être laissés à la...
  • Les travaux aux frais de certains copropriétaires. Certains travaux intéressent une partie des copropriétaires mais pas nécessairement l'ensemble du syndicat. Pour permettre aux intéressés de pouvoir...

Parties privatives  -  Règlement de copropriété  -  Parties communes  -  Etat descriptif de division

  Pour accéder à votre compte, identifiez-vous     |     Pourquoi créer un compte ?