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Pas d'enfants : à qui transmettre ?On parle souvent du meilleur moyen de transmettre son patrimoine à ses enfants, d'optimiser la situation de ses enfants en cas de décès, etc. Oui, mais si l'on n'a pas d'enfants, qui hérite et à qui peut-on transmettre ? Fait-on ce que l'on veut et à quel prix ? Le point sur la question. Qui hérite ?C'est le Code civil qui fixe les règles de succession et l'ordre des héritiers si rien n'est prévu. L'ordre des héritiersLe Code civil, aux articles 731 et suivants, classe les héritiers par ordre. La présence d'un héritier dans un ordre exclut tout héritier dans le second ordre. Le premier ordre est constitué des descendants : enfants, petits-enfants, etc. Si vous n'avez pas d'enfant, ce sont les personnes du deuxième ordre qui héritent. Il s'agit des ascendants privilégiés et des collatéraux privilégiés, en d'autres termes, les parents et les frères et soeurs qui vont donc se partager la succession. Exemple : le défunt n'a aucun enfant et laisse son père, sa mère, deux frères et une soeur. Les père et mère héritent de la moitié (un quart chacun) et les frères et soeurs de l'autre moitié, à raison d'un sixième chacun (un tiers de la moitié chacun). Le troisième ordre est constitué des ascendants ordinaires (grands-parents, arrière- grands-parents) et enfin le quatrième ordre revient aux collatéraux ordinaires (oncles, tantes, cousins, petits-cousins etc.). La place du conjointDepuis 2002, le conjoint survivant est mieux protégé. Avant cette date, sauf à avoir établi un testament ou une donation au dernier vivant, on n'héritait pas entre conjoints. Désormais, le conjoint survivant n'est pas intégré dans l'ordre des héritiers mais la loi lui accorde un statut spécifique puisqu'il hérite dans tous les cas. Sa part varie selon les autres héritiers en présence. Ainsi, s'il y a des enfants, il hérite soit de la totalité de la succession en usufruit, soit d'un quart en pleine propriété. Si le défunt n'a pas d'enfants, le conjoint survivant se partage la succession avec les parents. Enfin, si le défunt n'a que des frères et soeurs, c'est le conjoint qui hérite de la pleine propriété de tous les biens. A qui transmettre ?Nous venons de voir qui héritait si vous ne prévoyez rien. Mais vous pouvez être prudent et organiser votre succession. Vous pouvez ainsi, d'une part, avantager une personne qui vous est chère, et, d'autre part, minimiser les droits de succession car si vous ne faites rien, ils peuvent réduire considérablement les sommes transmises à vos héritiers. Cela est d'autant plus vrai que seuls les enfants sont aujourd'hui des héritiers réservataires, c'est-à-dire des personnes que l'on ne peut pas déshériter, par testament par exemple. Si vous n'avez pas d'enfants, vous faites donc ce que vous voulez, ou presque. Seule limite à votre liberté d'agir : les droits de succession, plus ou moins élevés selon les personnes qui héritent. Conjoint, partenaire pacsé ou concubinSi vous vivez en couple, sachez que le régime juridique choisi pour cette union est lourd de conséquences... financières. Vous pouvez tout à fait tout léguer à votre compagnon. Vous devez dans ce cas établir un testament. Notez que ceci est possible depuis la réforme des successions puisque les ascendants (les parents) ne sont plus héritiers réservataires. Vous pouvez donc ne rien leur laisser et tout donner à votre compagne (ou compagnon), sauf droit de retour (voir encadré). Notez qu'à défaut, parents et conjoint se partagent la succession. En revanche, si vous êtes concubin ou pacsé, ce dernier n'hérite pas. Le droit de retourMarié ou non, chacun peut déshériter complètement ses parents. Seule limite : le droit de retour. Ainsi, si les père et/ou mère ont donné des biens à leur enfant mort sans descendance, ils peuvent reprendre ces biens dont le compagnon survivant (marié ou pacsé) n'héritera pas. Ce droit est d'ordre public. Autrement dit, il n'est pas possible de faire échec au droit de retour des parents. Vous êtes marié Votre conjoint héritera de toute façon, en concurrence avec vos parents le cas échéant ou en totalité si vous avez établi un testament ou si vous ne laissez que des frères et soeurs. Et il n'aura aucun droit de succession à payer puisque la succession entre époux est aujourd'hui totalement exonérée. Attention : cette exonération ne concerne que les successions. En revanche, les donations entre époux ne sont pas exonérées mais bénéficient simplement d'un abattement de 80.724 euros en 2012 (ce montant est inchangé par rapport à 2011). Vous êtes pacsé Comme pour les personnes mariées, la succession est totalement exonérée de droits de succession. Encore faut-il que votre partenaire hérite car il ne fait pas partie de l'ordre des héritiers. Il faut donc absolument prévoir un testament. De la même façon que pour les gens mariés, les donations bénéficient d'un simple abattement (80.724 €) mais pas d'une exonération générale. Vous êtes concubin On n'hérite pas entre concubins. Ceci posé, mieux vaut donc organiser sa succession de son vivant si l'on ne veut pas mettre le concubin survivant en difficulté. Il faut là encore presque obligatoirement établir un testament. Mais même dans cette hypothèse, il faut savoir que le concubin aura des droits de succession à payer importants qui peuvent de toute façon le mettre en difficulté. Il ne bénéficie en effet que d'un abattement de 1.594 euros sur la succession, et est taxé à 60 % sur ce qu'il reçoit. Les neveux et niècesIls font certes partie du deuxième ordre mais n'héritent de rien si leurs parents sont vivants. Ce n'est qu'en cas de décès de l'un d'eux, et par le principe de représentation, qu'ils peuvent se voir attribuer une partie de la succession. Or, des liens forts peuvent vous unir aux enfants de vos frères et soeurs, surtout si vous-même n'avez pas d'enfant. Jusqu'à une époque récente, rien n'était prévu pour eux. Ils n'héritaient pas et si tel était le cas, ils le payaient très cher. Mais leur situation a évolué. Dons en espèces Les choses ont changé, financièrement s'entend, pour ce qui concerne les sommes d'argent. Désormais, vous pouvez donner, à défaut de descendance, à votre neveu ou à votre nièce, 31.865 euros (montant pour 2011 et non réévalué en 2012) en franchise de droits de succession, si les conditions suivantes sont respectées :
Cette exonération se cumule avec les abattements dont ils peuvent bénéficier par ailleurs. Tous les dix ans, un abattement On applique un abattement de 7.967 euros sur la part de chaque neveu ou nièce, et ce tous les dix ans. Autrement dit, vous pouvez donner à votre neveu ou à votre nièce 7.967 euros tous les dix ans sans payer de droit de succession. Avant le 31 juillet 2011, le délai de rappel, c'est-à-dire le délai à respecter pour bénéficier de nouveau de l'abattement, était de six ans Attention : Si les parents (les collatéraux privilégiés) sont vivants, ce sont eux qui héritent en l'absence de testament. Les neveux et nièces n'héritent que par représentation, si leurs parents sont pré-décédés. Le montant des droits de successions Ces faveurs fiscales permettent simplement d'aider ses proches mais pas de transmettre tout un patrimoine, compte tenu du montant des droits de succession et des abattements. Ces derniers ne sont pas très élevés et le taux des droits de succession est de 55 %. Bon à savoir : si votre neveu ou votre nièce vient à la succession en représentation de leur père ou mère pré-décédé, le taux est moins élevé puisqu'il est le même qu'entre frères et soeurs, soit :
Mais pour avantager certains proches, d'autres formules sont possibles. La SCI Si vous souhaitez investir et transmettre vos biens à vos neveux et nièces, vous pouvez créer une SCI avec eux, de la même façon que vous pourriez le faire avec vos enfants. La transmission des parts en franchise de droits de succession est moins facile puisque l'abattement n'est que de 7.967 euros tous les dix ans, ce qui parait presque dérisoire, compte tenu du prix de l'immobilier. Bon à savoir : pour pouvoir donner plus, vous pouvez cumuler SCI et démembrement de propriété des parts sociales. Vous ne transmettez que la nue-propriété des parts, sachant que la valeur de la nue-propriété dépend de l'âge de l'usufruitier. Ainsi, si vous avez 65 ans par exemple, la nue-propriété vaut 60 % de la valeur en pleine propriété. Au moment du décès de l'usufruitier, le nu-propriétaire récupère la pleine propriété sans avoir à payer de droits de succession. La vente en viager Certains choisissent cette solution. Certes, il s'agit d'une vente et elle doit être réelle. Les neveux ou nièces, débirentiers, doivent verser véritablement le prix, et donc la rente. Mais cela peut permettre d'aider précisément une tante ou un oncle qui possède un bien immobilier mais qui dispose d'une petite retraite. Au lieu d'aider ce proche à « fonds perdus », le neveu ou la nièce achète le bien en viager. Cette solution offre trois avantages :
Mais encore une fois, attention : la vente et le versement de la rente doivent être effectifs. A défaut, cette vente en viager pourrait être requalifiée par le fisc en donation, avec application des droits de succession correspondants.
V. Samsel © pap.fr
- 21 janv. 2012
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