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Plus-value immobilière : vendre avant la réformeL'abattement pour durée de détention qui permet au vendeur d'être exonéré d'imposition sur la plus-value à partir de 15 ans de détention a été réformé. L'abattement est abaissé et étalé dans le temps aboutissant à une exonération totale après 30 ans de détention. Pour échapper à la réforme, il faudra signer l'acte de vente définitif avant le 1er février 2012. Voici quelques conseils. L'annonce de la réforme de l'abattement pour délai de détention par le Premier Ministre a eu l'effet d'une douche froide pour de nombreux vendeurs. Le projet initial de réforme de la plus-value immobilière, qui prévoyait l'abrogation avec effet immédiat de l'abattement pour délai de détention, a été finalement abandonné. Après discussion, l'abattement est maintenu mais plus étalé dans le temps. Ainsi, l'exonération totale d'imposition n'intervient plus après 15 ans de détention mais après 30 ans. En outre, la disposition n'est applicable qu'aux actes définitifs de vente signés à compter du 1er février 2012. Rappelons ici que les personnes qui vendent leur résidence principale demeurent totalement exonérées d'imposition sur la plus-value réalisée. La résidence principale désigne le logement où le contribuable réside habituellement et effectivement avec sa famille pendant la majeure partie de l'année. C'est le centre des intérêts professionnels, familiaux et matériels du foyer. Seules les plus-values issues de la vente d'un bien immobilier autre que la résidence principale sont concernés par la réforme de l'abattement de détention (bien donné en location, bien vacant, résidence secondaire de vacances...). En clair, il est encore temps de vendre en bénéficiant du régime antérieur mais pour cela, il est recommandé de signer le compromis de vente avant le 15 novembre 2011. Le délai classique entre la signature d'un compromis de vente et de l'acte définitif est de trois mois. Ce délai permet au notaire d'obtenir tous les renseignements d'urbanisme (cadastre, POS/PLU...) et de purger le droit de préemption urbain de la mairie. Ce délai permet également à l'acquéreur de solliciter un financement auprès des banques. Dans le compromis, on prévoit une clause par laquelle, en cas de refus de prêt, la vente est anéantie. C'est ce que l'on appelle la condition suspensive d'obtention du crédit. Cette clause, qui est insérée dès lors que l'acquéreur achète à crédit, fait peser un aléa sur le vendeur. Alors que le compromis est signé et le délai de rétractation de l'acquéreur expiré, les difficultés de l'acquéreur à trouver son crédit peuvent retarder la date de la signature de l'acte authentique. En cas de refus de prêt, la clause peut conduire à annuler la vente et les éventuels 10 % versés par l'acquéreur lui sont restitués. Le vendeur doit alors repartir à zéro et a perdu beaucoup de temps ! Or, le nouvel abattement pour durée de détention s'applique aux cessions intervenues à compter du 1er février 2012. Pour bénéficier du régime antérieur, le compromis doit être idéalement signé avant la mi-novembre. Beaucoup de vendeurs se posent alors la question de savoir s'il est possible de subordonner la vente à la signature de l'acte authentique avant le 1er février 2012. Recourir au notaire dès le compromis de ventePar la rédaction de l'avant-contrat de vente, il est possible pour le vendeur de conditionner la vente à la signature de l'acte authentique avant l'entrée en vigueur de la réforme. Cela nécessite une rédaction très précise afin d'éviter tout litige ultérieur. Maître Thierry Delesalle, notaire à Paris, expose plusieurs solutions pour protéger le vendeur. Condition suspensive de réalisation de l'acte authentiqueDans le compromis, on prévoit toujours une date à laquelle sera signé l'acte authentique de vente. Au delà de cette date, la partie qui refuse de signer peut être mise en demeure de le faire mais la vente n'est pas annulée, elle est en suspens dans l'attente d'une nouvelle date pour la signature. Si la date de signature de l'acte authentique est reportée après le 1er février, le vendeur se retrouve imposé avec le nouveau régime. Il est néanmoins possible de prévoir que la date prévue est une "date couperêt au delà de laquelle le compromis est caduc", explique Maître Delesalle. "Le vendeur dispose alors d'un choix, soit considérer qu'il est libéré, soit accorder une prorogation de délai à l'acquéreur." Bien sûr, cette clause devra être impérativement rédigé dans le compromis par un notaire. Clause de prix alternatifIl est également valable juridiquement de prévoir dans le compromis de vente une clause de prix alternatif. Deux prix de vente seraient inscrits, un prix en cas de signature avant le 1er février 2012, un autre si la signature intervient après cette date. Le vendeur ajuste donc son prix en fonction du niveau d'abattement. "C'est une possibilité risquée pour l'acquéreur mais éventuellement envisageable sur des durées de détention assez courtes, 6 ou 7 ans". En effet, sur ces durées, les effets de la réforme sont assimilables. Lorsque le bien est détenu depuis 6 ans, l'abattement est de 10 % pour une signature de l'acte authentique avant le 1er février 2012 et de 2 % si elle intervient après. Promesse unilatérale de ventePar une promesse unilatérale d'achat, le vendeur promet de vendre le bien à tel prix à un bénéficiaire. Ce dernier dispose d'un délai pour lever ou non l'option. Au delà du délai d'option, si l'acquéreur n'a pas levé l'option, la promesse est caduque et le vendeur libre de vendre le bien à un tiers. La vente n'est définitivement formée qu'après la levée de l'option par le bénéficiaire. Dans la promesse unilatérale, il est alors possible de prévoir que l'option sera valablement levée par la signature dans le délai d'option de l'acte authentique constatant la vente et le paiement du prix. Ainsi, si l'acquéreur refuse ou ne peut pas signer l'acte de vente à la date prévue, l'option expire et le vendeur se retrouve libre. Trouver rapidement un acquéreurEvaluer le prix de ventePour être sûr de trouver rapidement un acquéreur, il faut vendre au prix. C'est l'offre et la demande qui fixe la valeur de votre bien. Des professionnels peuvent évaluer la valeur de votre bien. Le groupe De Particulier à Particulier vous propose un service Evaluation. Sur dossier ou sur visite, nos experts fixe le prix de vente de votre bien en toute indépendance. Réaliser ses diagnosticsLa signature du compromis de vente est subordonnée à la fourniture par le vendeur à l'acquéreur d'un certain nombre de diagnostics immobiliers obligatoires, réalisés le plus souvent par un technicien certifié. Ceux-ci ont pour objet d'informer l'acquéreur sur tous des caractéristiques essentielles du bien : est-il économe en énergétique ? Contient-il du plomb ou de l'amiante ? Est-il infesté d'insectes nuisibles ? Les installations de gaz et d'électricité sont-elles sûres ? Le bien est-il situé à proximité d'une centrale nucléaire ? Il y a au moins deux bonnes solutions pour faire ses diagnostics très tôt lors de la mise en vente :
Faire des simulationsCertains vendeurs peuvent hésiter à retarder leur projet de vente. Avant de prendre une décision, il est opportun de réaliser des simulations. Une calculette sur pap.fr vous permet de prévoir le montant de l'imposition sur la plus-value selon que l'acte authentique est signé avant ou après l'entrée en vigueur de la réforme. Nous avons rédigé un dossier complet sur la réforme de la plus-value immobilière. Vous y trouverez le mode de calcul exact (calcul du prix d'acquisition majoré, tableau comparatif des abattements en fonction de la durée de détention, augmentation du taux des prélèvement sociaux, etc.).
C. Cailloux © pap.fr
- 7 oct. 2011
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