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Immobilier : le pouvoir d'achat va-t-il baisser ?

15 Février 2017 - Avec la hausse des taux d'intérêt et l'augmentation des prix des logements, le pouvoir d'achat immobilier commence à reculer. Une tendance modérée, qui ne devrait pas impacter outre mesure les marchés du neuf et de l'ancien en 2017.

Chaque mois, le courtier Meilleurtaux.com analyse l’évolution du pouvoir d’achat immobilier dans une vingtaine de grandes villes françaises. Depuis près de deux ans, la conclusion est pratiquement toujours la même : grâce à des taux d’intérêt en baisse constante et à des prix de l’immobilier qui évoluent avec modération, la capacité d’achat des Français grimpe, voire se stabilise pour certaines communes. Mais ça, c’était avant.

Pouvoir d'achat : les chiffres Selon la dernière étude Meilleurtaux.com parue le 15 février 2017, la tendance est en train de s’inverser. En se basant sur une mensualité de 1.000 € et un prêt sur vingt ans ainsi que sur le niveau du mètre carré ancien, le courtier constate que le pouvoir d’achat immobilier recule dans quinze des vingt villes qu’il examine. Quatre sont stables (Le Havre, Nîmes, Angers et Lyon). Seuls les Grenoblois font exception en gagnant un mètre carré en un mois (voir tableau ci-dessous).

 L'évolution du pouvoir d'achat immobilier entre janvier et février 2017

© Meilleurtaux.com

Progression des taux. Les données du courtier confirment les récentes évolutions du marché. Les taux immobiliers ont repris entre 0,20 et 0,30% en près de trois mois. Pour les prêts sur quinze ans, la moyenne passe de 1,35 à 1,45% (taux brut, hors assurance et frais annexes) entre novembre 2016 et la mi-février 2017 selon le courtier Empruntis.com. Le vingt ans brut moyen, lui, s’établit désormais à 1,65%, contre 1,55% il y a trois mois.

Hausse du mètre carré. Les prix poursuivent une remontée entamée début 2015. Selon le dernier indice notaires-Insee, paru début janvier dernier, le mètre carré ancien progresse de 1,7% en rythme annuel (données arrêtées au troisième trimestre 2016). Au trimestre précédent, le rythme annuel de hausse s’établit à 0,6%, ce qui témoigne d’une accélération. Dans le neuf, la hausse atteint 3,4% sur un an d’après la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI).

L'argent bientôt plus cher. Faut-il s’inquiéter d’une détérioration du marché ? A priori non. Les taux restent bas. Rappelons que la moyenne sur vingt ans s’établit à 1,65% au 15 février 2017. Elle était à 2,40% en février 2016. La remontée - si remontée il y a - sera très graduelle. Selon l’Observatoire du financement CSA/Crédit Logement, le taux moyen toutes durées confondues pourrait atteindre 1,70 à 1,80% en décembre prochain, contre 1,38 en janvier 2017 et… 2,13% en janvier 2016.

Les prix vont poursuivre leur progression. D’après les projections des Notaires de France, la hausse atteindrait 4,5% en rythme annuel à fin février 2017 pour les appartements, soit un retour au niveau de 2014. Les maisons augmenteraient de 5,7%. Elles retrouveraient leur valeur moyenne de 2012. Même tendance haussière pour le neuf, la faute à des tensions sur l’offre et à un rebond du coût de certaines matières premières mais aussi du prix des terrains.

Ventes dans l'ancien : les prévisions pour 2017

© Crédit foncier

Un impact limité sur l'immobilier. Au bout du compte, l’année 2017 devrait quand même être un bon millésime. Entre taux bas et prix encore abordables, le Crédit foncier table sur 830.000 ventes dans l’ancien, soit le deuxième meilleur score de la décennie derrière 2016 (850.000 transactions). Le neuf, lui, va continuer à profiter des taux bas. Surtout, nombre d’acquéreurs comme d’investisseurs vont se lancer cette année pour être sûrs de profiter du PTZ ou de l’avantage fiscal Pinel, deux aides dédiées essentiellement au neuf qui s’arrêtent à la fin de l’année.


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