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Immobilier : le marché locatif repart en 2017

07 Mars 2017 - Depuis le début de l'année 2017, les locataires sont plus nombreux à changer de logement. Un bon indicateur de la santé du marché locatif qui redresse la tête dans la plupart des régions.

Le marché locatif reprend des couleurs depuis le début de l’année 2017. En janvier et février, 29,8% des locataires ont en effet changé de logement selon les chiffres présentés ce matin par Clameur, un observatoire du marché locatif privé qui représente 96% de l’activité. Même si cette hausse est modérée par rapport à la période janvier-février 2016 (+ 0,3%), elle est sans précédent car la période hivernale n’est habituellement pas propice à la mobilité résidentielle. 

Les raisons ? Le moral des locataires qui s’améliore et le développement de la primo-accession, ces familles qui achètent leur résidence principale pour la première fois. « Ces primo-accédants, locataires du parc privé, libèrent des logements, ce qui alimente le marché locatif », analyse Michel Mouillart, professeur d’économie à l’université Paris Ouest et directeur scientifique de Clameur.

Des régions à l’arrêt. Si le marché locatif est reparti dans l’Hexagone, toutes les régions ne sont pas cependant logées à la même enseigne. Alors que la Provence-Alpes-Côte d’Azur, le Languedoc-Roussillon, les Pays-de-la-Loire et la Bretagne ont vu leur activité locative progresser fortement, d’autres territoires ont en revanche enregistré une croissance faible (+ 0,5%) à l’image de la Champagne-Ardenne, la Picardie et la Franche-Comté. « En Midi-Pyrénées, la reprise n’est pas au rendez-vous », indique Michel Mouillart. « Et dans le Limousin, la mobilité est en panne. A Limoges, l’activité locative est déprimée. »

Loyers stables. En dépit d’une demande locative en progression, les loyers ne sont pas repartis à la hausse. En janvier et février 2017, c’est en effet la stabilité qui domine après une hausse des valeurs locatives de 1% en 2016. De bons chiffres en apparence qui ne doivent pas faire oublier que depuis 2007, la progression des loyers a toujours été inférieure à celle des prix. Les loyers ont ainsi augmenté de 0,4% par an de 2013 à 2017 alors que la hausse des prix à la consommation a atteint 0,6% par an selon l’Insee.

© Clameur

Des logements moins rénovés. Cette érosion continuelle des recettes locatives risque d’avoir des conséquences sur les travaux que doivent réaliser les propriétaires de logements, qu’ils soient propriétaires occupants ou bailleurs, dans le cadre de la loi de transition énergétique (LTE). « On peut craindre que les obligations de maintenance du patrimoine ne puissent être respectées si les recettes locatives progressent si peu », prévient Michel Mouillart qui pointe d’ailleurs l’effondrement de l’effort d’amélioration et d’entretien des logements. En 2017, seuls 14,1% des logements ayant fait l’objet d’un nouveau bail ont été rénovés par les bailleurs, le chiffre le plus bas depuis 20 ans alors que le taux d’effort atteint en moyenne 22,2% sur cette période.


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