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Crédit immobilier : des baisses de taux en juin 2017 ?

12 Juin 2017 - Les taux des prêts immobiliers remontent depuis leur plancher record de novembre dernier. Une tendance qui s'essouffle en juin 2017. Va-t-on vers une stabilisation ? Peut-on prévoir une baisse du prix du crédit ?

Les taux du crédit immobilier pourraient à nouveau diminuer « d'ici le début de l'été ». Point d’effet d’annonce ou de prédictions hasardeuses de la part de l’Observatoire Crédit Logement/CSA publié mercredi dernier, mais une thèse étayée par la dynamique de ces dernières semaines. Car si, en mai 2017, la hausse entamée depuis six mois s'est poursuivie, le mouvement a été anecdotique. Des reculs ont même été constatés, comme nous l’avons remarqué il y a un peu plus d’un mois (c'est ici).

Les chiffres du crédit. Le taux moyen toutes durées confondues pour les crédits attribués en mai dernier s’établit à 1,56% brut (hors assurance et coût des garanties), contre 1,55% en avril 2017 d’après l’Observatoire Crédit Logement/CSA. Le quinze ans brut moyen suit le mouvement et passe de 1,40 à 1,41%. En revanche, le vingt ans perd deux points de base (1,60% en mai vs 1,62% en avril), le vingt-cinq ans abandonnant trois points de base (1,87% en mai vs 1,90% en avril). « La hausse n’est que de faible ampleur et les taux sont simplement revenus à leur niveau du début de l’été 2016 » résume l’Observatoire Crédit Logement/CSA.

L'évolution des taux immobiliers

© CSA/Crédit Logement

A partir de 1% sur 15 ans ! Autre confirmation : en mai 2017, les banques ont continué à proposer des conditions exceptionnelles aux meilleurs dossiers. Les acquéreurs avec des comptes bancaires sains, de l'apport personnel, des emplois en CDI et de l'épargne ont emprunté à partir de 1% sur 15 ans et de 1,30% sur vingt ans. « Pour les banques, le prêt immobilier reste le produit d’appel par excellence et elles proposent des taux performants aux bons profils pour les fidéliser », note Ludovic Huzieux, directeur associé d’Artemis Courtage.

Juin 2017 : où en sont les taux ?  « Comme nous l'avions anticipé, ce mois-ci, les taux varient très peu », indique Cécile Roquelaure, directrice communication d’Empruntis.com. Analyse similaire chez le courtier Cafpi : « actuellement, les banques maintiennent leurs taux le plus bas possible pour attirer la clientèle, alors qu’elles devraient les augmenter pour retrouver leurs marges ». Entre la mi-mai et la mi-juin, les variations tournent autour d'une dizaine de points de base en fonction des durées et des profils. 

L'argent reste bon marché ! Aujourd'hui, le quinze ans brut moyen est toujours à 1,55%, le vingt ans brut restant calé sur sa moyenne à 1,80%. Seul le 30 ans augmente de six points de base. Actuellement, pour les meilleurs profils, le quinze ans et le vingt ans débutent respectivement à 1% et 1,30%. Signe de détente : les taux moyens sur les courtes durées (sept et dix ans) reculent de cinq points de base selon Empruntis.com. Rappelons qu'en novembre 2016, date du record absolu à la baisse, le quinze ans brut moyen était tombé à 1,35%, le vingt ans à 1,55%.

Les taux immobiliers au 12 juin 2017

   Moyenne  Minimum  Maximum
 7 ans  1,10%  0,60%  2,30%
 10 ans  1,25%  0,80%  2,35%
 15 ans  1,55%  1,00%  2,60%
 20 ans  1,80%  1,30%  2,80%
 25 ans  2,00%  1,55%  3,00%
 30 ans  2,85%  1,85%  3,65%

Source : Empruntis.com. Taux bruts, hors assurances, coût des garanties et frais annexes.

Crédit : prévisions optimistes. « Tout semble indiquer que les taux vont rester très attractifs pendant encore quelque temps », estime Cécile Roquelaure. Crédit Logement table de son côté sur un allègement des moyennes d’ici le début de l’été, sur fond de repli des taux des obligations (OAT 10 ans) qui s’est poursuivi en mai. Joël Boumendil, fondateur du courtier ACE Crédit rappelle que « cet indicateur phare avait grimpé jusqu'à 1,1% courant mars et connaît depuis le résultat des élections présidentielles – et le repli du risque politique – une phase de reflux ».

De la baisse à la chute ? Autre élément qui milite pour un léger recul des taux :  le marché immobilier s'est essoufflé ces dernières semaines, incertitudes liées aux élections obligent. Entre mars et mai 2017, le nombre de prêts accordés recule de 4,3% par rapport à la même période de l’an dernier selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA. Du coup, certaines banques pourraient baisser leurs tarifs pour relancer la machine et conquérir de nouveaux clients. Pour ce faire, elles bénéficient de très bonnes conditions de financement (baisse de l'OAT, maintien de la politique accommodante de la Banque centrale européenne notamment). 

Renégocier son crédit : toujours une bonne affaire

La demande en renégociation a certes baissé (20% des dossiers actuellement pour 50% à l’automne dernier) mais pas les gains réalisés : « les demandes de renégociation représentent encore 20% des demandes que nous traitons (entre février et avril 2017) », explique Maël Bernier, directrice de la communication de Meilleurtaux.com. « Plus surprenant encore, poursuit-elle, le gain moyen réalisé est de 30.091 € avec un écart moyen de taux hors assurance de 1,80%. La fenêtre de tir est sans doute en train de se réduire, aussi les candidats ayant un capital restant dû supérieur à 70.000 € doivent se poser rapidement la question de la renégociation ou du rachat. »

Pourquoi pas la hausse ? Maël Bernier, directrice de la communication du courtier Meilleurtaux.com, ne partage pas cet avis. Elle fait  remarquer que les barèmes de quelques banques sont légèrement haussiers, ne suivant pas le recul du principal indice de référence (l’OAT dix ans) ce mois-ci. « Nous sommes  face à une volonté des établissements financiers de profiter de cette détente pour reconstituer des marges sur le produit phare qu’est le crédit immobilier ». Une opinion partagée par Philippe Taboret, directeur général adjoint de Cafpi : « passée la période printanière, la hausse des taux va se poursuivre lentement », annonce-t-il.

Opportunité à saisir !  Le débat actuel sur les hausses et les baisses se joue sur des détails. « Une chose est sûre, nous connaissons encore aujourd’hui une période de taux historiquement bas », rappelle Cécile Roquelaure. « Ils constituent un véritable levier pour financer un projet immobilier. » La moyenne toutes durées confondues, rappelons-le, s’établit actuellement  à 1,56%. C'est seulement vingt-cinq points de base de plus qu'en novembre 2016. « La légère remontée des taux n'affecte pas la solvabilité des ménages », confirme l'Observatoire Crédit Logement/CSA. Lequel d'ajouter qu'en revanche « la hausse rapide des prix de l’immobilier est de nature à peser davantage sur la demande. » Et c’est sans doute là que se situe la principale interrogation pour les prochains mois.


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